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Lexique

Balghas :Ce sont des sandales fermée en cuir de dromadaire souple, utilisées par les nomades Sahariens. La semelle de cuir traditionnelle est aujourd'hui souvent remplacée par une semelle de caoutchouc plus résistante. Un petit rembourrage interne les rend plus confortables. Elles sont légères et protectrices, bien adaptées aux pieds. Si du sable entre dedans malgré tout, on enlève et remet la balgha d'un geste simple et efficace! A Douz, l'on trouve souvent des balghas décorées d'une broderie sur la languette.

Baraka :Ce mot désigne un état positif, un état de réussite, de grâce. Les gens qui entreprennent un pèlerinage auprès d'un Marabout espèrent bénéficier de la "baraka" du Saint, de l'effet sur eux de ses hautes qualités morales et religieuses. La langue française a intégré ce mot comme synonyme d'avoir de la chance.

Bédouin :A l'origine le mot "bédouin" est synonyme de nomade en Arabie. Par extension, au Maghreb, il désigne un nomade arabophone plus ou moins sédentarisé. La première invasion arabe du 7eme siècle a été menée par quelques milliers d'arabes d'Arabie sur l'ensemble de l'Afrique du Nord. Et ils se sont installés dans le villes, l'essentiel du territoire demeurant berbère et berbérophone (avec des persistances de culture ramano-chrétienne fortes). La brillante civilisation arabe est une civilisation des villes. Les Bédouins Arabes, à proprement parlé, sont arrivés en Tunisie aux 11eme et 12eme siècle, sans doute quelques dizaines de milliers (les célèbres et sauvages Beni Hillal), et on fait basculer une économie assez prospère, jusqu'alors majoritairement urbaine et agricole, vers un système de nomadisme dominant. En Tunisie, la progression de la langue arabe s'est beaucoup développée et il ne resterait aujourd'hui que deux cents mille berbérophones à Matmata et à Djerba. Par contre l'osmose des coutumes arabes et berbères a été très poussée dans la population devenue très majoritairement arabophone. Dans le Sud tunisien, l'activité pastorale nomade est demeurée primordiale jusqu'au 19eme siècle. La semi sédentarisation s'est mise très progressivement en place dans la première moitié du 20eme siècle, puis la sédentarisation s'est accélérée à partir de l'indépendance, et surtout à partir des années 1975/1980, dans des villages formés autour d'oasis artificielles créées par les forages de l'état. Souvent dans le langage tunisien courant, des distinctions subtiles et fluctuantes sont faites entre Berbères, Bédouins et Nomades. Disons, avec Charles-André Julien (Histoire de l'Afrique du Nord), que les habitants du Maghreb en général, et de la Tunisie en particulier, sont anthropologiquement berbères et culturellement arabes. Et on peut fièrement se dénommer "Bédouin" quand on est un tunisien du Sud dont la famille arabophone d'origine nomade s'est sédentarisée et qui demeure, affectivement, émotionnellement, culturellement, très attachée à la vie du désert et aux relations sociales issues de ces modes de vie. Et ceci, tout en tenant compte des apports considérables de l'antique culture Berbère observables dans bien des domaines, notamment dans les costumes féminins, la tradition (perdue) des labours d'automne, etc.

Berbères :Population autochtone d'Afrique du Nord dont une partie (surtout en ville) avait été romanisée puis christianisée. L'Eglise d'Afrique du Nord a joué un grand rôle historique dans la constitution du Christianisme. Et le développement du christianisme à sans doute été très favorable au développement postérieur de l'Islam en préparant les esprits au monothéisme. Dans certaines régions (surtout en Algérie et au Maroc, dans une moindre mesure en Tunisie, dans la région de Matmata et à Djerba), bien que convertis à l'Islam, des populations Berbères sont restées très attachées à leur culture propre, différente de la culture arabo-musulmane classique. Les chants, les costumes et les traditions diffèrent. En Tunisie, la langue Berbère reste parlée à Matamata et à Djerba. Mais la langue arabe (un dialecte tunisien avec de nombreux apports des différentes civilisation depuis les Puniques!) est aujourd'hui unanimement parlée dans tout le reste du pays. Cependant, l'osmose des coutumes, des symboles sociaux et culturels, a été très importante. Voir le mot "Bedouin" pour plus de détails.

Bivouac :C'est le moment où l'on dresse le camp pour la nuit : on monte la tente bédouine (et les autres tentes, s'il y a lieu), on va chercher le bois mort, on fait le feu et on installe le coin repas. Le lieu du bivouac est choisi avec soin par le chef chamelier en fonction du vent, du temps prévisible, de la qualité du sable, de la saison etc. ...

Chiha :C'est une arbuste qui se trouve dans la steppe et les montagnes. On l'utilise très couramment pour parfumer le thé (dans le désert, la menthe fraîche ne se trouve pas aisément!). C'est aussi considéré comme améliorant la santé.

Chorba :C'est un soupe de grain d'orge avec de la sauce tomate, plus ou moins épicée.

Chott el Jerid :C'est une vaste cuvette de sédiments humides et salés, une "sebkha" tunisienne très connue, repérable sur toutes les cartes, d'une superficie d'environ 5000 km², comprise entre Tozeur et Kebili. Longtemps considérée comme étant sous le niveau de la mer (vieux projet de canal pour la remplir d'eau de mer), elle se situerait en fait à 17m au-dessus. Seul le Chott el Gharsa, sur la route des oasis de montagne, serait sous le niveau marin. Jerid veut dire "palme". La région de Tozeur est le Jerid. La présence d'eau souterraine à fait fleurir les palmeraies tout autour du Chott. Ce qui est donc aussi le cas au Sud du Chott, c'est à dire au nord et à l'ouest du Nefzawa. Cette multiplication des palmeraies a été un des moteurs de la sédentarisation des populations nomades du Nefzawa. Cf. le mot "deglet nour".

Deglet ennour :C'est la meilleur qualité de dattes tunisiennes. En arabe: les doigts de lumière. Regarder une de ces dattes dans le soleil! La Tunisie est un des grands producteurs de dattes dans le monde. Et les "deglet nour" sont le fer de lance de l'exportation, partout reconnues pour leur exceptionnelle qualité.

Fennec :Petit renard des sables aux grandes oreilles. Ne se montre que très rarement et seulement la nuit. Très sympathique, il a été choisi par le gouvernement tunisien comme mascotte pour l'éducation à la protection de l'environnement. Il arrive souvent que des enfants capturent et élèvent un jeune fennec.

Grand Erg Oriental :Le Grand Erg Oriental (العرق الشرقي الكبير) est une région désertique du nord-est du Sahara qui s'étend entre le sud de la Tunisie et le sud-est de l'Algérie.
C'est le plus grand espace sableux du Sahara. Il s'étend sur une superficie de 190 000 km2 et représente un quadrilatère de 500 kilomètres sur 300. Il est composé aux deux-tiers de dunes de sable dont les plus élevées peuvent atteindre 250 mètres de hauteur. Il est séparé du Grand Erg Occidental, deux fois plus petit, par un vaste plateau pierreux.
Ses limites sont :
* à l'est, les monts du Djebel Dahar (Tunisie) et la hamada El Homr (Libye) ;
* au sud, la hamada de Tinrhert (Algérie) ;
* à l'ouest, le plateau de Tademaït (Algérie) ;
* au nord, le Chott el-Jérid (Tunisie). Au sud et au sud-est du Chott, le Nefzawa constitiue la marge nord-est du Grand Erg Oriental, région steppique qui a été propice au développement pastoral nomade.

Khaïmas :C'est le tente traditionnelle utilisée par les berbères nomades. C'est une maison qui se déplace dans le désert. L'usage langagier attribue l'origine de cette tente aux berbères qui peuplaient (qui peuplent?) l'Afrique du Nord depuis des millénaires. Elle est constituée de "flijs", longues bandes tissées avec des fils de laine de dromadaire et/ou de poils de chèvre. Ces "flijs" sont assemblés par couture et permettre une évolution de la taille de la tente selon l'accroissement de la famille.

Khobza mella :Galette de farine de blé sans levain, cuite dans le sable. C'est un aliment de base des familles nomades.

Lahma :Désigne la structure de vie fondamentale des groupes nomades. C'est la famille au sens large, l'unité économique essentielle où la solidarité est l'élément fondamental, intangible, à la fois morale et pratique de vie. On ne peut pas vivre isolé dans le Sahara. Les "lahma" se regroupent dans les "arch" que l'on désigne souvent comme les "fractions de tribu" en langue française. Les "arch" sont les éléments de regroupement symboliques et pratiques où s'ancre solidement l'identité sociale du nomade. C'est, en quelques sorte, la référence identitaire de base. La "tribu" ("ouled") est plus éloignée du quotidien.

Marabout :A l'origine, un Marabout est un sage. Un saint, dirions nous; mais, par extension, c'est aussi le bâtiment où repose sa sépulture (comme une mini mosquée) qui se trouve là où il a vécu, où il est mort et où on le vénère (dans le désert, mais souvent près d'un puits). Un des descendants est chargé de la protection et de l'entretien du tombeau. A côté du mausolée, il y a souvent un "hôtel" : une petite pièce où les pèlerins peuvent s'abriter pour la nuit. Dans cette petite pièce, le "gardien du tombeau" place souvent un peu de farine, de couscous, de pâtes, d'huile etc. pour que les pèlerins (ou ceux qui auraient été saisis par le mauvais temps) puissent se restaurer si nécessaire. ... Toujours l'hospitalité des nomades !

Méharée :Historiquement, c'est une expédition de "méharistes", corps d'armée inventés par les Français pour surveiller le Sahara après leurs conquêtes. Ces corps militaires existent encore aujourd'hui en Tunisie et on peut les admirer sur leurs magnifiques montures, notamment lors de leur prestation au Festival du Sahara de Douz (chaque année fin décembre). Ce mot est aujourd'hui utilisé pacifiquement par le tourisme saharien pour désigner une caravane chamelière de découverte du désert sans moteur, naturelle. C'est une "randonnée chamelière" conduite par des chameliers. On marche, on privilégie les sensations physiques et le contact avec la nature, on vit sur le sable à l'image des anciens pasteurs nomades qui ont sillonné ces espaces arides durant des siècles. On peut aussi monter son dromadaire quand on veut (si l'organisateur à prévu un dromadaire par personne).

Nefzaoua :La région appelée Nefzaoua, ou Nefzawa, s'étend a l'est et au sud du Chott el Jerid. C'est le territoire ou se repartissaient historiquement cinq grandes "tribus" pour conduire leurs troupeaux:
- Au nord OULED YACOUB.
- A l'est EL MARAZIGUE.
- Le sud EL ADHARAA.
- Au sud et l'ouest Les GURIB.
- Repartis en divers lieux au sud les SABRIA.

Nomade :Personne ou groupe familial qui vit de manière itinérante sur de vastes espaces en conduisant son troupeau à la recherche de pâturages. Un nomade est un pasteur qui se déplace avec sa famille en fonction de la nourriture dont ses troupeaux ont besoin. Dans le Sahara, les pâturages fluctuent en fonctions de pluies erratiques. Sauf en été, ce n'est pas la proximité immédiate d'un point d'eau qui détermine son installation mais la présence de nourriture pour les troupeaux. Les femmes font parfois de grandes distances pour aller chercher l'eau au puits avec des dromadaires. Les "lahmas" installent leurs camps de "khaïmas" pour quelques jours ou quelques semaines avant de repartir vers un autre coin fertile. Actuellement, en Tunisie, tous les nomades tunisiens sont sédentarisés ou semi-sédentarisés à proximité d'un village (comme Sabria) et les enfants fréquentent l'école. Les seuls nomades non sédentarisés que l'on peut encore rencontrer lors de grandes méharées vers le Grand Erg Oriental sont d'origine algérienne : les Raïbya.

Ouled :Les fils de... C'est un groupe des gens qui se reconnaissent dans un même lignage patronymique, qui ont un ancêtre commun (quelque fois mythique) qui a été à l'origine de ce que nous appelons improprement "tribu". Une "tribu" est un grand ensemble assez théorique qui regroupe différentes "fractions de tribu" ("arch" en arabe). Les gens se reconnaissent d'abord comme membre d'une "lahma" puis comme membre d'une même arch (voir ces mots). Mais la "tribu" recèle cependant le sens d'un lien politique essentiel à la structure sociale, un fort symbole identitaire, peut-être plus fort aujourd'hui qu'hier, dans un monde élargi par l'information et l'enseignement. Ceux qui seraient intéressés par une meilleure connaissance du monde nomade tunisien pourront essayer de se procurer le très précieux ouvrage d'André Louis 'Nomades du Sud tunisien" aux éditions Edisud (ouvrage à trouver d'occasion, sur Amazon par exemple).

Tribu :Mot utilisé à l'époque coloniale (et resté dans le langage courant aujourd'hui) pour désigner une structure sociale et politique fondamentale des sociétés Maghrébines. Voir le mot "Ouled".



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